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Sobriété énergétique : comment réagissent nos entreprises ?

Arnaud Florent nous décrypte la réaction des entreprises face à la crise énergétique !

Arnaud Florent, Responsable Transition écologique Bâtiment & Exploitation chez Electro Dépôt, nous décrypte la réaction des entreprises face à la crise énergétique :

 

Alors que l’automne se profile, les entreprises s’organisent pour réduire leur facture de gaz et d’électricité dans un contexte de crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine et l’arrêt d’environ 50% du parc nucléaire pour des raisons de maintenance.  

Ce contexte conduit à une explosion du coût de l’énergie depuis quelques mois, alourdissant fortement les frais d’exploitation de nos magasins. Il a même franchi la barre des 1000€/kwh. 

 

De plus, nous risquons d’avoir une pénurie d’électricité cet hiver conduisant à des risques de coupures de 2h réalisés par RTE. Ce dernier a d’ailleurs mis en place une météo du réseau électrique (https://www.monecowatt.fr/). Le site indique vers 18h par région l’état du réseau du lendemain et vers 20h, les secteurs où il y a un risque de coupure entre 8h et 13h et 17h-20h.

La météo est un facteur important pour la consommation énergétique. En effet, 1°C de moins = 1 tranche de centrale (c’est-à-dire 1 réacteur nucléaire) à mettre en route.

 

Face à ces enjeux, l’ensemble des enseignes de l’AFM mènent et réfléchissent des actions de sobriété énergétique pour réduire les consommations allant des plus symboliques comme l’extinction des enseignes dès la fermeture à des commerces à des plus impactantes comme la réduction de la température de chauffage à 18°C voir 17°C en cas de crise avec la fourniture de polaire aux collaborateurs (1°C de moins, c’est environ 10% d’économie sur la facture de chauffage).

 

D’autre part, la mise en place d’un EMS (Energy Management System) permet de suivre sa consommation et détecter tout de suite les anomalies comme la consommation nocturne par exemple.

Les investissements dans de nouvelles technologies comme le LED et dans le pilotage de nos installations grâce aux GTB (Gestion Technique de Bâtiment) vont accentuer cette réduction de consommation. Il est nécessaire d’accélérer leurs inscriptions dans les enveloppes d’investissement. 

La sobriété énergétique passe aussi pour éviter d’utiliser la climatisation l’été, par la mise en place de brise soleil sur l’ensemble des vitrages plein Sud et Ouest ou la mise en place de peinture blanche sur les toitures. Celle-ci permet de baisser la température du bâtiment d’environ 6° et de réduire de 40% la consommation de la climatisation.  

L’ensemble de nos enseignes se sont inscrites dans cette démarche de sobriété énergétique en lien avec la réduction de la facture énergétique et de nos engagements de réduire la scope 1 et 2 de notre bilan Carbone. 

Cette tension énergétique, n’est-elle donc pas une opportunité pour accélérer les changements pour réduire notre consommation ?

 

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La taxonomie verte chez United.b 

Charles Vielvoye décrypte pour nous la taxonomie européenne

C’est quoi la taxonomie verte ?

La taxonomie verte est un des outils de l’UE dans le cadre de son Pacte vert pour l’Europe afin de respecter les accords de Paris de 2015. En place depuis 2021, elle a pour but premier de proposer aux investisseurs des critères communs définissant la durabilité environnementale d’une activité économique (pas un produit ou encore moins une entreprise).

Dans ce cadre, la durabilité d’une activité a pour périmètre les 6 objectifs environnementaux suivants :

Source : greenflex.com

Comment ça marche ? 

Pour qu’une activité économique soit durable aux yeux de la taxonomie, elle doit respecter les 3 étapes suivantes : 

Source : humples.fr

On entend par « actes délégués » les décrets d’application du règlement de la taxonomie. Il y en a un pour chacun des six objectifs ci-dessus. À ce jour, seuls les actes délégués des deux premiers objectifs ont été publiés. Les quatre derniers devraient l’être pendant le second semestre 2022. 

Dans ces mêmes actes, 95 activités ont été listées, représentant à elles seules 93 % des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Ces activités font partie des secteurs de l’énergie, du transport, de l’industrie, ou encore de la construction.

Quels impacts pour United.b ? 

Outre que de fixer un cadre unique définissant la durabilité d’un investissement, la taxonomie verte impose également des obligations à des groupes tels que le nôtre. En effet, dès l’année prochaine, United.b devra communiquer dans sa déclaration de performance extra-financière la part de son chiffre d’affaires, de ses dépenses d’exploitation et d’investissement liés à des produits et/ou services provenant d’activités durables aux yeux de la taxonomie. 

Voici ci-dessous un exemple de reporting à ce sujet fait par l’entreprise SUEZ l’année dernière sur son chiffre d’affaires :

Source : suez.com

Les 9 % représentent le chiffre d’affaires de Suez provenant d’activités respectant les critères de la taxonomie pour les 5 autres objectifs.
Quant au 8 % à droite, ils représentent le chiffre d’affaires exclu de la taxonomie. En effet, la taxonomie indique également les activités qui ne pourront pas être éligibles à la taxonomie, car de nature incapable à respecter ses critères. À ce jour, seule une activité est officiellement exclue : la production d’électricité à origine fossile. D’autres pourront l’être par la suite, telles que l’extraction minière de charbon, ou encore la construction d’habitat dans les zones inondables.

« Ayant désormais pleinement connaissance de la taxonomie et de son importance, United.b a décidé d’aller au-delà de cette réglementation en intégrant sa logique dans la construction de son chiffre d’affaires durable. Nous prenons notamment en compte la nuance qu’elle apporte permettant de sortir d’un raisonnement binaire “durable/non durable”, au travers de termes tels que activité “transitoire” ou “habilitante”. Ainsi, notre futur chiffre d’affaires durable gagnera en robustesse en se basant sur un cadre international. »

Charles Vielvoye - responsable économie circulaire pour United.b

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Comprendre la taxe carbone

Charles Vielvoye nous décrypte la taxe carbone et son fonctionnement

Charles Vielvoye, responsable économie circulaire pour United.b, nous explique la « taxe carbone » :

Évoquée pour la première fois lors du protocole de Kyoto en 1997, la taxe carbone est arrivée en France en 2014, dans le cadre de la Stratégie National Bas Carbone (SNBC). Son objectif est de réduire les émissions de GES en augmentant progressivement le coût de la production et de la consommation des énergies les plus polluantes pour pousser les consommateurs et les entreprises à modifier leurs habitudes.

Si le mot taxe est mis entre guillemets, c’est que ce dispositif prend davantage la forme d’une redevance. Là où une taxe est un prélèvement obligatoire au profit d’un service public déterminé, une redevance compense le coût d’un service et n’est payé que par la personne qui utilise le service. Par taxe carbone, il est question d’intégrer par cette taxe l’externalité négative d’émission de CO2 d’un produit ou service.

 

Fonctionnement de la taxe carbone

La taxe carbone est intégrée au prix final de l’essence, du gazole, du fioul et du gaz naturel, au travers de trois Taxes Intérieures de Consommation (TIC) des énergies fossiles. Certaines entreprises peuvent bénéficier, partiellement ou totalement, d’une exonération de cette taxe selon l’échelle européenne ou nationale, comme le montre le tableau suivant.

À noter que par la loi « Climat et Résilience » de 2021, a été décidé que le remboursement partiel de la TICPE pour le transport routier de marchandises – roulant au gazole routier – sera progressivement réduit, pour être supprimé d’ici le 1er janvier 2030.

Comme indiqué au début, la nature de la taxe carbone est de voir le montant de sa tonne carbone progresser chaque année, avec pour objectif d’atteindre le montant de 100 € la tonne carbone en 2030, comme affiché dans le graphique ci-dessous.

En octobre 2018, c’est la remontée conjointe des prix du baril et de la composante carbone qui ont rendu cette dernière plus visible au grand public, amenant aux mouvements sociaux des gilets jaunes. Face à ces mouvements, l’État a décidé de geler cette hausse en 2019. Depuis, ce gel a été maintenu. Sans ce gel, la taxe carbone aurait eu pour 2022 un montant d’environ 87 € la tonne C02. 

 

La taxe carbone dans le reste du monde

Au 1er mai 2020, 31 taxes carbones étaient en fonctionnement à travers le monde. Le prix de la tonne C02 varie fortement selon les pays la mettant en œuvre. Voici quelques exemples sur l’année 2020 :

Si ces différentes taxes carbones sont nationales, un projet européen de 2021 instaure le même principe à l’échelle de l’Union européenne, au travers du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

 

Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

En juin 2021 a été adoptée la loi européenne sur le climat, le « Pacte vert », ayant pour objectif principal que l’Europe atteigne la neutralité climatique à l’horizon 2050. Cette loi inclue notamment un « Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » (MACF), décrit par la Commission Européenne comme cherchant à « prévenir le risque de fuite de carbone et soutenir l’ambition accrue de l’UE en matière d’atténuation du changement climatique ». On parle de « fuite de carbone » lorsqu’une industrie délocalise sa production hors de l’UE pour éviter les normes strictes.

Si un produit provient de pays dans lesquels les règles en matière d’émissions sont moins ambitieuses que celles de l’UE, un prix de carbone sera appliqué. L’importateur devra acheter des certificats carbones dont le prix carbone serait indexé à celui de la tonne CO2 du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE). 

L’objectif du mécanisme est de protéger les producteurs européens du « dumping climatique » et d’éviter la fuite de carbone, phénomène qui ne fait que déplacer le problème des émissions de GES.

La mise en œuvre du mécanisme sera progressive à partir de janvier 2023. De 2023 à fin 2025, les importateurs devront uniquement déclarer les émissions carbone des produits importés, et ne commenceront à payer qu’à partir de 2026. Ensuite, le dispositif pourrait s’étendre à d’autres secteurs.

 

Résultats de la taxe carbone

Selon une étude de l’OCDE, la taxe carbone a conduit à une baisse de 5 % des émissions pour l’année 2018. Sans le gel de la taxe, une réduction supplémentaire de 6,2 millions de tonnes de carbone aurait été obtenue, ce qui aurait rendu ce résultat final conforme à la trajectoire de la SNBC pour la période 2019-2023.

Financièrement, cette taxe a rapporté environ 49 milliards d’euros entre 2014 et 2021. À noter que 20 % de cette recette fiscale est affectée dans un budget spécial transition énergétique, destiné à financer les énergies renouvelables ; ce fléchage strict étant une exception au principe de non affectation des budgets.

L’EXPERT

Le regard attentif de United.b sur la taxe carbone dépasse le simple cadre d’une anticipation à une éventuelle obligation légale prochaine : il est avant tout question de connaître les différents mécanismes permettant la réduction d’émissions de GES, puis d’estimer lesquels pourraient être repris au sein de notre modèle d’affaires.

Charles Vielvoye - responsable économie circulaire pour United.b

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Une « Score card » développement durable chez Via ID

La méthode de Via ID pour évaluer l'alignement écologique des startups candidates à l'investissement

Léa Dégardin, Responsable affaires publiques, développement durable et projets innovants chez Via ID, nous explique la mise en place d’un « Score card » pour évaluer l’alignement écologique des startups candidates à l’investissement :

Via ID est le fonds d’investissement et accélérateur de startups de Mobivia spécialisé dans les nouvelles mobilités. Plus de 600 startups de la mobilité sont évaluées chaque année au niveau européen par son équipe au travers de différentes initiatives dont l’European Startup Prize For Mobility et le Moove Lab par exemples.

Dans un premier temps, ayant la volonté d’intégrer davantage notre stratégie DD au sein de nos processus d’investissement, nous avons mené un travail de recherche sur les pratiques des fonds à impact en matière de critère de sélection. Quels sont leurs critères d’évaluation de l’impact des startups ? Est-ce décisif pour eux et quel niveau d’exigence ont-ils fixé ? Nous avons ainsi conclu que chaque fonds à impact interviewé a créé sa propre grille d’évaluation correspondant à ses besoins spécifiques. Malgré l’existence de référentiels en la matière, ces derniers se sont révélés trop complexes et pas assez spécifiques à leur et à notre organisation.

Nous avons donc décidé de réaliser notre propre « Score Card » DD afin d’objectiver la démarche d’évaluation des startups candidates à l’investissement et de vérifier leur alignement avec notre stratégie développement durable. Celle ci-s’articule autour des 4 Objectifs Développement Durable structurants pour notre raison d’être “Opening sustainable mobility to all” : 

  • ODD 3 – Santé / Bien être
  • ODD 10 – Inégalités réduites
  • ODD 12 – Consommation responsable
  • ODD 13 – Lutte contre le changement climatique

Exemple de questions : avez-vous réalisé un bilan carbone ? Votre produit ou service permet-il d’éviter l’émission de CO2 ?

Chaque objectif comporte plusieurs questions auxquelles la responsable d’investissement répond durant l’échange avec la startup simplement par oui ou par non. Selon les réponses, la startup obtient un score final et un avis favorable ou défavorable. Nous avons volontairement choisi des questions assez larges et plutôt qualitatives car à ce stade de maturité, les startups n’ont pas mis en place de suivi d’indicateurs extra financiers.

Au-delà de l’évaluation à proprement dit, la scorecard a également une visée pédagogique pour sensibiliser la startup à ces enjeux, elle fait maintenant partie intégrante des échanges entre l’équipe investissement et les startups.

Dans une logique d’amélioration continue, la prochaine étape consistera à affiner les critères en introduisant des indicateurs quantitatifs quand c’est possible et à élever le niveau d’exigence.

Enfin et à titre d’illustrations, nos derniers investissements reflètent bien notre thèse d’investissement et notre stratégie DD puisqu’il s’agit de :